JADELAB (4)

Epidemium est lancé !

Le Club JADE est partenaire d'Epidemium, un Challenge Big Data & Epidémiologie du Cancer. Voici un article récent d'Images des Maths du CNRS qui revient sur la soirée de lancement de ce projet, coordonné par Mehdi Benchoufi et Olivier de Fresnoye.

 

Journée acculturation numérique #CulturesNUM #Maker #Collaboration

    Journée acculturation AFORP

#CulturesNUM #Maker #Collaboration

 


Contexte

 

    Le programme d'acculturation numérique est une initiative du Club Jade, accompagné pour l'occasion de la Fonderie Agence Numérique d'Ile de France. Son objectif est d'initier ses participant•e•s aux outils numériques collaboratifs et open source, ainsi que de les introduire à une nouvelle forme de pédagogie inspirée de la culture maker articulée autour de la création de projets.

 

    Ce programme d'une journée est destiné au personnel enseignant et administratif de l'AFORP, un centre de formation pour apprenti•e•s, spécialisé dans le secteur de l'industrie. Bien décidé à intégrer les cultures numérique à sa pédagogie, l'AFORP demande au Club Jade d'en présenter les outils et les valeurs, ainsi que leurs applications dans le cadre de l'enseignement.Cette démarche s'inscrit dans une volonté de réduire l'écart entre la faible intégration du numérique dans l'enseignement en France et son omniprésence dans le monde du travail.

 

Afin de remplir cet objectif, il faut donc commencer par sensibiliser le corps enseignant de l'AFORP aux enjeux du numérique et de l'apprentissage par le faire.

 

    C'est dans cet état d'esprit que se déroule le lundi 25 juin, à l'occasion de la journée du personnel de l'AFORP sur le site de Mantes-la-jolie. Celle-ci se découpe en deux parties : le matin consacré à la culture maker et ses applications, l'après midi aux outils du numérique collaboratifs et à leur prise en main.

 

 


 

Déroulé

Accueil des participants

La journée commence à 8 heures du matin, par un discours du directeur de l'AFORP, Henri de Navacelle. Celui-ci met en exergue la nécessité de transformer les processus d'enseignement : d'une part pour rendre les cours plus attractifs, de l'autre pour ne pas laisser s'installer de fracture technologique entre enseignement et monde professionnel. Puis c’est au tour de Charlotte de Broglie de présenter le détail de la journée, composée de Keynotes suivis systématiquement d'Ateliers pratiques.

 

  La pédagogie en Mode Maker

    A 9 heures, la parole est donnée à Quentin Chevrier de Makery, afin de présenter le mouvement maker et le fonctionnement des FabLabs. Né, entre autres, de la baisse du coût des composants électroniques, ce mouvement rassemble les faiseurs des quatre coins du monde qui ont décidé de matérialiser leurs idées en dehors des structures classiques comme les entreprises ou les écoles, avec pour mots d'ordre : faire, construire et inventer. De cet état d'esprit découle une logique de bricolage, de créativité, de partage mais aussi d'adaptation à des conditions pas toujours optimales. La nécessité d'avoir accès à des ressources matérielles telles que des machines et des matières premières conduit ces férus du faire à centraliser leurs activités dans des lieux ouverts leur mettant à disposition les ressources nécessaires : les FabLabs. Dernier élément fondamental de l'équation maker : le partage et la documentation des connaissances sur internet jouent un rôle central dans ce processus.

 

    De 9h45 à 12h, les participants mettent en pratique cette philosophie au travers d'un atelier de prototypage d'objets connectés encadré par les format•rices•eurs du Club Jade.

L'objectif de cette démarche est de mobiliser la personne qui apprend en la faisant travailler sur un projet qu'elle a au préalable définit en concertation avec son équipe. Ce faisant elle devient responsable de son projet et de la démarche co-créative. Après s'être présenté•e•s, puis familiarisé•e•s avec des objets connectés dédiés au prototypage rapide, les participant•e•s se répartissent par groupes de trois et commencent à réfléchir au prototypage d'un objet. La démarche est itérative : pour savoir si ça marche on essaye, on échange les pièces et les idées au fur et à mesure des expérimentations ; en clair, on apprend par les gestes plutôt que par la parole. L'atelier se conclut par une restitution de la part des participant•e•s des valeurs apprises au travers de l'atelier : l'importance de l'expérimentation, du partage de connaissances au delà de la relation professeur•e-élève et de la co-création.

    Les outils collaboratifs et la recherche en ligne

    A 13h, c'est au tour de la présentation des outils numériques. À cet égard, deux Keynotes sont proposées simultanément. Tout d'abord, une présentation des outils collaboratifs en ligne par Olivier de Fresnoye. Vecteur facilitant la communication, l’utilisation des outils collaboratifs en ligne peut s’avérer très utile pour gérer un projet. Parmi les nombreux logiciels de gestion de projet, on retrouve des fonctionnalités communes : discuter, co-écrire, partager des documents, établir des agendas et répartir les tâches. Ces fonctionnalitées permettent donc de gagner beaucoup de temps dans la conception d’un projet, notamment lorsque les différents membres travaillent de manière asynchrone.

 

   L’autre Keynote, présentée par Antoine Henry de GRDF, propose une initiation à la recherche sur le World Wide Web et aux enjeux de pertinence des résultats. Ceux-ci sont loin d’être triviaux,  mais cependant extrêmement importants puisque les moteurs de recherche constituent la porte d’entrée privilégiée des utilisateurs aux contenus du web. Un premier temps se consacre aux fonctions booléennes des moteurs de recherche et aux autres fonctionnalités pratiques offertes par les moteurs de recherche, comme la possibilité de filtrer une recherche par type de fichier. Dans un second temps on présente les différences de fonctionnement entre les moteurs de recherche, notamment dans leur traitement de la vie privée et des données personnelles.

 

   De 13h45 à 16h une fois les Keynote terminées, les participant•e•s retrouvent les groupes formés le matin dans le but de s’essayer à une restitution de leurs projets conçus le matin. Pour cela, ils/elles utilisent Framapad, Google Drive et Trello, deux outils d’écriture collaborative

et un système de gestion de projet. Une seule règle : la concertation et les discutions s’effectuent uniquement au travers des outils collaboratifs en ligne, dans le but de simuler une situation de travail asynchrone. Dans un premier temps, les participant•e•s se familiarisent à l’utilisation de Framapad, un logiciel libre de co-écriture. Une fois celui-ci pris en main, ils/elles reçoivent la consigne de l’exercice sur ce même logiciel accompagnée de liens vers des pictogrammes et photos de l’atelier du matin. La première étape de la restitution consiste à répartir les taches entre les membres du groupes. Une fois le projet planifié, chacun•e•s se met à l’ouvrage sur le même document : l’outil de présentation de Google Drive. L’objectif de l’atelier est de plonger les participants dans une réalité de gestion de projet collaboratif afin de leur faire prendre conscience des simplifications dans l’organisation et la prise de décision permise par les outils collaboratifs en ligne : un accès simultané à l’ensemble des ressources du projet, la possibilité d’échanger en temps réel sur la co-construction du projet ainsi que l’organisation et la conservation de ces échanges.



De 16h à 16h30 la journée se clotûre par un discours de Charlotte de Broglie sur la journée, son déroulé et ses objectifs. Henri de Navacelle fait de même et profite de l’occasion pour rappeler le caractère essentiel de cette journée dans le cadre de la révolution pédagogique amorcée par l’AFORP. Les participant•e•s reviennent sur leurs éxpériences et partagent leurs ressentis. La journée se termine par un verre dans le gymnase.

 


Conclusion

 

La journée fut riche et intense, les équipes du Club Jade ont pu compter sur l’esprit d’équipe et la bonne volonté des participant•e•s pour mener à bien cette journée d’acculturation numérique.

 

EDULAB Knot Knot Knot

 

      Né d'une collaboration entre le Club Jade, Flylab et Google, l'objectif du projet Knot Knot Knot était d'initier une douzaine de jeunes étudiants à l’impression 3D, à la programmation informatique et aux mathématiques au travers de la théorie des nœuds. Réunis par l'association Les parrains de la réussite, des étudiants venus des quartiers populaires de L'Haÿ-les-Roses et Cachan ont investi les locaux de l'Institut culturel de Google pendant deux jours.

 

   L’objectif ? Saisir cette opportunité pour découvrir des innovations technologiques de pointe, pratiquer les mathématiques la main à la patte, certains diraient en mode “Makers”, et aussi  appréhender la culture et le fonctionnement d'une entreprise originale dont ils utilisent les services au quotidien.

 

    Derrière Knot Knot Knot se trouve la volonté de transmettre la connaissance, d'encourager la curiosité et peut-être même susciter des vocations. Au travers d'exercices interactifs et d'applications concrètes, il a été possible de captiver l'attention de la douzaine de volontaires autour d'un sujet qui n'est pas abordée dans leur cursus. La recette de ce succès tient à peu de choses : Des technologies innovantes, un peu d'aide et un objectif concret, l'impression 3D.

    

 

   Le jeudi matin, les participants ont assisté à une présentation du projet et ont réalisé une visite de l'institut culturel de Google. En association avec des centaines de musées, d’institutions culturelles et d’archives, l'institut a pour objectif de numériser des œuvres d'art et des monuments du patrimoine mondial en très haute définition, afin de les rendre accessibles à tous. Les participants y ont notamment découvert un mur de 65 mètres carrés, composé de 48 écrans rétroéclairés par des vidéoprojecteurs permettant de visualiser les œuvres et de zoomer presque sans limite sur leurs détails les plus fins. La visite des lieux s’est conclue par la rencontre d’une des personnes travaillant dans ce cadre privilégié. Un ingénieur de Google est venu échanger avec les étudiants, présenter son parcours, son quotidien dans l'entreprise et les projets sur lesquels il travaille.    

 

    De 13h30 à 15h30 un atelier animé par Aurélien Alvarez a familiarisé les participants à la théorie des nœuds. Branche des mathématiques, plus précisément de la topologie algébrique, on peut dire que la théorie des nœuds étudie la forme des nœuds, ce qui est notamment utile pour étudier l'ADN ou imprimer des objets en 3D. Aurélien Alvarez a été particulièrement surpris par la vivacité intellectuelle des participants. L’un d’entre eux s’est même risqué à corriger, à juste titre, l’un des slides de l'enseignant chercheur en mathématiques, ravi de l’attention portée à sa présentation.

 

     Les participants ont ensuite été confrontés à un autostéréogramme dans lequel ils ont du repérer un nœud de trèfle. On retrouve dans cet exercice la démarche du scientifique face à un nouveau problème: confronté à une réalité muette au premier regard, il finit par dégager à force de persévérance les éléments de réponse à son questionnement.

    Fort de ces enseignements, les étudiants ont du déterminer si “”le nœud de trèfle appartenait à la catégorie des isotopes ou des nœuds triviaux en utilisant la notion d'invariance”” !

 

    La fin de l'après midi, de 15h45 à 17h15 a été consacrée à la programmation informatique. En utilisant le logiciel OpenSCAD et une équation dénichée sur Wikipedia, les étudiants ont programmé une modélisation numérique du nœud de trèfle. Pour cela ils ont dû renseigner un certain nombre de paramètres comme la hauteur du nœud, le rayon du tube, la précision du calcul et un facteur d'homothétie.


    Le vendredi, une fois la modélisation numérique achevée dans OpenSCAD, les noeuds ont été traités par le logiciel d'impression 3D, avec l'aide d'Hakeem Montanelli, fondateur du FlyLab. Le reste de la journée s'est composé d'un quartier libre, durant lequel les participants ont pu profiter de l'institut culturel de Google et son exceptionnelle salle aux quarante-huit écrans. Il était particulièrement intéressant de voir l’intérêt que les jeunes, d’ordinaire peu enclins à arpenter les musées, ont porté aux oeuvres numérisées. Une fois la journée terminée, c’est même avec regret qu’ils ont dû quitter la grande salle, où l’art et la culture s’animaient au rythme de leurs doigts.

 

     

 

 

 

 

 

 L’expérience Knot Knot Knot, ce sont deux journées pendant lesquelles des jeunes au parcours scolaire accidenté ont eu l'opportunité de découvrir un environnement professionnel stimulant, horizontal et interactif. Confrontés à des projets concrets et motivants, les étudiants se sont investis en retour, alors même qu’ils étaient plongés dans un domaine sur lequel ils ne disposaient pas de compétences préalables. Cette expérience ouvre des pistes pour faire évoluer notre manière d’enseigner. Tout d’abord, face à des “digital natives”, il est nécessaire, d’intégrer les ressources numériques dans le processus d’apprentissage : Wikis, Tutoriels, Logiciels. Ensuite, il est primordial de replacer la création et l’expérimentation au cœur du processus, selon des formats pédagogiques “orienté projet”. Enfin, ces deux paramètres présentent un double avantage : stimuler la motivation des étudiants d’une part et  faire de la formation un véritable tremplin pour l’activité professionnelle de l’autre.